Créatrice du Pull Sablier disponible dans nos kits, Élise Dupont a accepté elle aussi de se dévoiler en répondant à nos petites questions…

Peux-tu te présenter autour de 3 mots qui te semblent le mieux faire écho à ton univers?

Pédagogique :
J’ai toujours aimé transmettre mon savoir faire, dans de nombreux domaines. Quand j’ai crée mes premiers patrons de tricot, je les ai donc enrichis à chaque fois d’explications pour que chaque tricoteuse, quel que soit son niveau ou presque, se sente guidée. Ça me prend plus de temps que la moyenne pour écrire un patron, mais tant que j’aurai des retours positifs, je continuerai 🙂

Féminité :
J’ai toujours cherché des solutions pour mon corps qui ne correspond pas au 90-60-90 standard. On le voit partout dans la mode. Mais vous connaissez beaucoup de femmes en vrai qui rentrent dans cette catégorie ? Pas moi ! Du coup, en lançant mes patrons, j’ai voulu penser à celles qui ont des hanches plus généreuses, ou au contraire une poitrine plus épanouie, en leur proposant des alternatives au « tube tout droit » ou au « pull ultra loose comme ça je cache tout ».

Impulsion :
Le processus créatif est encore très mystérieux et aléatoire pour moi. Je n’ai pas encore un « univers » avec un fil conducteur très précis. Je me cherche encore beaucoup.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de tricoter et/ou plus largement de te lancer dans les travaux de fils?

A la base, je venais d’arrêter de fumer quand j’ai pensé que le tricot m’aiderait en canalisant mes mains. Plus largement, pour tout ce qui est créatif, ça me vient de ma mère, qui nous a toujours offert des jeux manuels, qui font appel à la fabrication, le « fais-le toi-même », comme je l’avais évoqué lors d’un texte sur intheloop, c’est un héritage.

Quel a été le déclic qui t’a motivée à commercialiser tes propres patrons?

Il y en a eu deux. J’étais amie avec Caroline (Mademoiselle C) qui venait de sortir son superbe châle French Cancan, et son succès m’a donné des ailes.
Et en même temps, je me suis retrouvée au placard professionnellement. J’avais besoin de m’épanouir.
J’ai donc dit « et zut, je tente, j’ose, je plaque mon métier pour faire un truc foufou »

Maintenant que es devenue maman (depuis peu), penses-tu proposer par la suite des patrons pour bébés et/ ou enfants ?

J’aimerais vraiment oui ! Ça viendra peut être dans quelques temps, quand le tsunami de la nouvelle parentalité sera un peu retombé 🙂

Que représente pour toi l’artisanat et le « do it yourself » et ce en particulier dans le contexte actuel?

Un pas vers l’autonomie : c’est important que se transmettent les différents savoir-faire manuels de génération en génération. Dans cette société du tout, tout de suite, maintenant, gratuitement, ou en exploitant l’autre, je suis fière de faire partie de ce mouvement gigantesque des passionnés du travail manuel.

Qu’est-ce qui te parle le plus la démarche de Kaneh-Bosem?

Elle est totalement unique. Elle ne fait aucun compromis sur la provenance, l’impact écologique, sur la non-nocivité. C’est un parti pris courageux ! Totalement en accord avec la façon dont je vis en privé, comme tu le sais : je suis végétarienne de naissance, je fabrique tous mes produits ménagers et mes cosmétiques, je ne mange quasiment jamais de produits industriels, je consomme engagé en achetant bio bref, Kaneh-Bosem cible probablement des gens comme moi 🙂

Si tu devais motiver quelqu’un à se lancer dans le tricot, que lui dirais-tu?

Je lui répondrais qu’il faut commencer par un tout petit projet simple avec des grosses aiguilles, pour éviter le facteur démotivation des débuts. Qu’il ne faut pas hésiter à aller dans des lieux pour rencontrer des gens (tricot thés, ateliers, cours, etc…) car rien ne vaut la transmission directe.
Et surtout, qu’elle ne bloque pas sur ses petites erreurs : je ne connais aucun tricot qui n’en contienne pas, même les miens après 8 ans en ont encore : ça fait partie de leur charme unique 😉

Sur in the Loop, ton compte Youtube et ton blog personnel tu as déjà partagé nombre de tutoriels, techniques et astuces tricot. Mais aurais-tu « un truc » spécial dont tu ne peux plus te passer, qui t’aide ou te sauve parfois et que tu pourrais partager avec nous ?

Le séchage 😉

Je m’explique : le truc qui change tout dans un tricot, c’est de prendre le temps de faire « le blocage » à la fin, après avoir lavé l’ouvrage fini. Je le fais toujours. C’est important. Mais je n’ai aucune patience. Alors je fais quelque chose qui a toujours marché pour moi : une fois que l’objet est bien essoré (à la serviette, avec les pieds, puis à plat une nuit), je finis le tout plus vite (car je suis très impatiente dans la vie) en déposant mon tricot sur une serviette sèche, et le tout sur le radiateur à bain d’huile.

Pour finir, acceptes-tu de nous raconter un de tes plus beaux souvenirs d’émerveillement – même si ça n’a rien à voir avec le tricot?!

Sans hésiter, c’était en Inde, en 2008. Nous visitions un temple sculpté dans les montagnes. Un groupe de touristes bruyants et paparazzi venait de quitter le lieu. Le gardien nous a vus approcher tout penauds, n’osant pas prendre la moindre photo ni déranger la tranquillité des lieux. Il est venu à nous, et a voulu nous faire visiter plus en détail, peut-être parce qu’il avait apprécié notre humilité. Il s’est mis sous la plus haute voute, et a commencé à chanter a capella la mélodie la plus touchante qu’il m’ait été donnée d’entendre sur terre. Je suis sortie de là sonnée et reconnaissante du précieux cadeau que ce guide nous avait fait !

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3 Comments

  1. christine R a dit :
    le 5 mai 2015 à 11 h 28 min

    merci pour ce témoignage. Je m’y retrouve un peu. Émue par l’anecdote du gardien en Inde. Rester humble et savoir être souriant à la vie et respectueux vous permet de croiser des anges sur votre route.

  2. mathirine a dit :
    le 5 mai 2015 à 13 h 21 min

    Merci pour ce portrait! Mon sablier je ne le quitte plus 🙂

  3. Isabelle a dit :
    le 6 mai 2015 à 21 h 27 min

    Elise est une personne rare, forte et douce, attentionnée et passionnée, et très grande créatrice à l’écoute des formes du corps humain.
    Merci Keïko de ce partage, et bises à vous deux.

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